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samedi 23 juin 2007

AU REVOIR SIMONE ~ Le Trabendo. Paris.














Première partie : Klima / Andy York




Ce qu’en a pensé Gilles B. :

« Faut-il l'avouer ? Oui, j'ai un faible pour Au Revoir Simone, pour les 3 charmantes demoiselles composant le groupe, mais aussi pour l'univers apaisé et onirique de leur musique. Ce trio de Brooklyn, je l'ai découvert par hasard il y a un an environ avec leur premier album, Verses Of Comfort, Assurance & Salvation. On voyait déjà les prémices de ce monde si particulier fait de candeur, d'apaisement, de mélancolie et de nostalgie, que l'on retrouvera avec encore plus d'éclat dans leur magnifique second album, The Bird Of Music, sans contestation possible l’un des meilleurs albums sorties cette année. Après leur premier passage à la Maroquinerie au mois de Février, qui m'avait laissé un petit goût d'inachevé, j'étais curieux de les revoir au Trabendo pour ce concert, organisé en partie par le magazine Magic. A mon arrivée au Trabendo, j’aperçus l’une des trois « Simone » (Heather je crois) à coté de l'entrée qui téléphonait, belle et longiligne telle qu'on la voit sur les pochettes de disque. Encore une fois hélas, je n'avais pu convaincre personne de m'accompagner (je crois que personne n'a malheureusement pris la peine d'écouter leur subtil album), c'est dommage de ne pas pouvoir partager certains moments d'émotions. J’arrive au Trabendo vers 19h30, il y a déjà une longue queue dehors. Je décide de me placer au bord de la fosse, en léger surplomb sur la grande marche. Maintenant il ne reste plus qu'a patienter et, l'attente paraît longue quand vous êtes seul. Le public est très varié, mais plutôt jeune.

Apparition d'une jeune femme sur scène, c'est le groupe Klima emmené par la chanteuse Angèle David Guillou (qui fait partie aussi du groupe Ginger Ale). Klima est un trio avec, outre Angèle au chant et guitare, un second guitariste soliste et un troisième musicien jouant alternativement des percussions et claviers. Leur musique est mi électronique, mi rock à guitares, sur des tempos assez lents : j'ai trouvé que la voix d’Angèle manquait de relief, par rapport à ce que j'avais pu écouter sur Myspace. Un set un peu monotone et long, sans beaucoup de passion. J'ai été légèrement déçu, je dois bien le reconnaitre.

Maintenant, place à Andy York, le frère de qui vous savez. N'étant pas quant à moi vraiment fan de Radiohead (que je trouve largement surestimé), je ne m'attends pas à quelque chose de brillant. Je n'ai pas tort d'ailleurs : moi, les songwriters s'accompagnant à la guitare, je trouve cela très pénible et ennuyeux (exception faite de quelques illustres personnages, disons Neil Young au hasard). Ce n'est pas ma tasse de thé, je respecte mais franchement je m'emmerde. Un morceau bien sur un set de 35 mn, c'est dur ! Le public ne délire pas non plus, mes voisins, un couple d'une trentaine d'années iront au bar pendant ce temps.

La salle est maintenant pleine, tout le monde attend avec impatience les reines de la soirée, Au Revoir Simone : nos trois fées New Yorkaises qui finissent par faire leur apparition, discrètement, sous un tonnerre d'applaudissement. Les filles s'installent discrètement derrière leurs claviers vintage (Roland, Korg), elles règlent leurs instruments, on sent bien qu'il y a toujours une bonne dose d"amateurisme chez elles et tant mieux, cela fait partie aussi du charme de ce groupe, avec l'innocence. Un larsen jaillie soudain, Annie lâche un "merde"qui fera pouffer la salle. Et c'est parti, le son est excellent, bien ample cette fois ci (cela avait fait défaut à La Maroquinerie). Et dès les premières notes, je me trouve projeté dans l'univers des soeurs Lisbon (Virgin Suicides). Cette musique empreinte de nostalgie et de candeur me transporte littéralement dans un monde où tout est beau, où la méchanceté n'existe pas. Comme la dernière fois, Annie (celle qui porte des lunettes) essaie de parler en Français et ma foi, elle ne se débrouille pas trop mal. On sent que nous sommes vraiment leur seconde terre d'accueil, quand Annie nous dit qu'elle nous aime, elle explique bien que ce n'est pas pour la forme qu'elle le dit, non c'est vraiment sincère. Elle le répétera d’ailleurs plusieurs fois dans la soirée.

La grande différence avec le concert de La Maroquinerie vient du fait que cette fois, l'album The Bird Of Music est interprété pratiquement dans son intégralité : c'est un régal. "Vous pouvez danser sur ce morceau si vous voulez", nous lance Heather en Français en l'introduction à "Dark Halls". On sent la complicité entres les 3 filles, qui s'échangent des sourires complices, et qui, surtout, semblent toujours étonnées et surprises du succès obtenue et de la joie qu'elles nous procurent. C'est tout simplement très beau. On se laisse emporter sur des morceaux teintés de nostalgie comme "Lark" ou "The Lucky One", et, à d'autres moments, c'est au contraire une musique lumineuse (Stars) qui nous submerge. On a droit à quelques moments cocasses lorsque Annie nous parle, toujours dans son Français approximatif, de chevaux et Erika de la reprendre en lui expliquant qu'il fallait dire "des chevals". Le concert se terminera au bout de 65 mn (quand même 20 minutes de plus que lors de leur dernier passage), nous sommes conquis et je pense que la réciproque est vrai.

Oui cette fois ci, j'ai vraiment passé un excellent moment, je suis ressorti de ce concert heureux et apaisé. Depuis, je dois dire que j'ai beaucoup réécouté "The Bird Of Music" avec une perception encore différente. Merci, Au Revoir Simone, pour ces moments de bonheur tout simple que vous m'avez procurés. »





photos de arbobo

Au Revoir Simone est un groupe indie pop issu de Brooklyn et formé à la fin de l’année 2003. Les deux premières sont devenues amies lors d’un voyage en train vers New York. Le nom du groupe s’inspire d’une phrase dîte par un personnage mineur (nommé Simone) dans le film Pee-Wee’s Big Adventure de Tim Burton. Une musique légère et presque enfantine,fait principalement à base de claviers, de séquenceurs et de percussions, le son d’Au Revoir Simone est dessiné par ces instruments.




















 Verses of Comfort, Assurance & Salvation - 2005
The Bird of Music - 2007






Annie Forster : clavier et voix)
Erika Hart : clavier et voix)
Heather D’Angelo : séquenceur, claviers et voix)










La Setlist du Concert
AU REVOIR SIMONE


The Lucky One (The Bird of Music - 2007)
Sad Song (The Bird of Music - 2007)
A Violent Yet Flammable Word (The Bird of Music - 2007)
Fallen Snow (The Bird of Music - 2007)
Young Turks (New Song)
Dark Halls (The Bird of Music - 2007)
Night Majestic (The Bird of Music - 2007)
Stay Golden (Verses of Comfort, Assurance & Salvation - 2005)
The Pony Song (Single 2007)
Lark (The Bird of Music - 2007)
I Couldn't Sleep (The Bird of Music - 2007)
The Way To There (The Bird of Music - 2007)

Encore
 
And Sleep Al Mar (Verses of Comfort, Assurance & Salvation - 2005)
Hurricanes (Verses of Comfort, Assurance & Salvation - 2005)


 


La durée du concert : 1h05


AFFICHE / PROMO / FLYER




Au Revoir Simone "Dark Halls"

mercredi 20 juin 2007

ART BRUT ~ Le Trabendo. Paris.













 Première partie : Sexual Earthquake in Kobe


 


Ce qu’en a pensé Eric :

« Sur la future liste des noms de groupe les plus débiles / amusants - l'un des projets les ambitieux de notre ami Gilles P. - gageons que "Sexual Earthquake in Kobe" figurera en bonne place. Les 3 Lillois - fans de Takeshi Kitano et de The Rapture (on l'aurait deviné en écoutant leur... euh musique) - qui ont donc choisi cet amusant pseudonyme sans se rendre compte qu'ils seraient condamnés à le répéter 10 fois à tous ceux qui, éberlués, leur demanderaient leur nom - ouvrent donc ce soir pour Art Brut devant un Trabendo vide. Les 12 personnes 1/2 dans la salle (je compte 1/2 pour le débile léger, ami de Patrick Eudeline qui viendra nous gonfler - mais j'y reviendrai...) ont quand même du mal à s'exciter sur cette electro post-punk qui sonne terriblement faux. 

Moi, je dois dire que, grand fan devant l'éternel de The Rapture, j'essaie vaguement de prendre du plaisir dans ces mini-déchaînements de boucles électroniques, mais il faut bien dire que pour eux, ce n'est pas gagné (pour reprendre l'expression favorite de Gilles B) : si l'imitation de Robert Smith qui sert d'unique expression vocale chez Charly le chanteur (?) est convaincante, elle est aussi assez irritante à la longue, et le pauvre garçon est tellement ridicule dans sa gestuelle scénique qu'on finit par les applaudir par pure pitié. Les Gilles sont consternés, je me sens d'humeur généreuse, ce soir, je dodeline donc de la tête pendant les 30 minutes de leur "show", quand même interrompu de manière très impolie au plein milieu d'une chanson par l'organisation de la salle.

La pause sera l'occasion d'un grand moment de souffrance, quand le déchet sous-humain mentionné plus haut, grand dadais de 25 ans et 6 d'âge mental, viendra nous demander à Gilles B et à moi si nous "faisons partie du business" !!! Il aura du mal à me croire quand je nierai mon appartenance au monde merveilleux de la musique, mais je lui darderai l'un de mes regards méchants qui font ma réputation, et il me laissera tranquille, pour se rabattre sur Gilles P., avec lequel il aura 15 minutes de conversation surréaliste sur Patrick Eudeline, l'un de ses amis donc, qu'il considère comme un shaman, un enfant, etc etc. La bêtise humaine n'a pas de fond, et nous nous débarrasserons du mongolien en lui refusant les 10 centimes d'Euro qui lui manquaient pour aller s'acheter une bière. L'abruti tient apparemment un fanzine, je regrette de ne pas en savoir le titre pour pouvoir connaître mieux ses brillantes théories sur les chemises à jabot, Brian Jones et ce que signifie "être Rock"...

La salle s'est maintenant un peu remplie quand Art Brut entrent en scène, nous offrant immédiatement la représentation visuelle du paradoxe hilarant de leur musique : d'un côté un groupe "Rock" déclinant les stéréotypes de la Rock Attitude, avec deux guitaristes "élégants et racés" tous droit sortis des pages magazines de la presse anglaise, une bassiste au look gothique et un batteur nerd souriant, de l'autre un front man surprenant, Eddie Argos, sorte de nounours gras en chaussettes dépareillées (sans chaussures je veux dire), la bedaine émergeant de sa chemise mal rentrée dans le pantalon, qui ressemble soit au comptable d'une PME de Castelnaudary en redressement judiciaire, soit au lointain cousin de Lisieux qui essayait de vous montrer sa bite chaque fois qu'il le pouvait. Disons donc que Art Brut sont à la fois brutaux et hilarants, ce qui est un mélange aussi détonnant que original. Les textes grandioses d'humour et d'esprit d'Eddie Argos sont déclamés, récités (l'homme n'a rien d'un chanteur, ni de Rock ni d'autre chose) sur un mur sonore - deux guitares à donf' - particulièrement réjouissant.

Art Brut suscite déjà une vraie passion chez ses spectateurs, qui ont inventé des rituels (on les acclame en criant "Top of the Pops, Top of the Pops !", on leur jette des chaussettes roses à rayures qu'Eddie se fera un plaisir d'enfiler pour le rappel), bref on s'amuse beaucoup dans la salle comme sur scène. Les écouter est un bonheur pour tous ceux qui aiment qu'on leur explose les neurones avec des rythmes keupons, voire skinheads, et même vaguement "metal". Les regarder est un délice : les 2 guitaristes, tout en restant incroyablement efficaces, font un concours de se toucher les tétons et les fesses tout en continuant à jouer, le batteur joue debout et porte un sourire illuminé du début à la fin. Quant à Eddie, ne sachant pas quoi faire de sa grande carcasse molle, il raconte des conneries (un long speech au milieu du merveilleux "Emily Kane", ode poignant à son 1er amour perdu, pour nous expliquer qu'il ne faut surtout pas croire les paroles des groupes de rock, et qu'il ne faut pas hésiter à épouser son premier amour !), se jette dans la (petite) foule, et a surtout l'air de jubiler d'avoir son groupe de malades qui ramonent à fond la caisse derrière lui.

A la fin, Ian Catskilkin réalise son rêve d'enfant et imite Jimmy Page sur une guitare double manche, et Mickey B dirige - comme chez les Fleshtones, pour les connaisseurs - la cérémonie d'adieu au public... "My Little Brother" (les larmes aux yeux tellement c'est bon !), "Nag Nag Nag" (metal !) et "Good Week-end" ("J'ai vu ma nouvelle girlfriend nue... 2 fois !") auront été les sommets furieux de ce grand petit concert très électrique et très excentrique. Nous sortirons donc ravis d'avoir autant ri et vibré. Bon délire, mon pote! »







Art Brut est un groupe de rock britannique formé en 2003. Il se distingue par la personnalité du chanteur Eddie Argos, dont les limitations vocales sont compensées par un style particulier (il scande ses textes plus qu'il ne les chante), un humour omniprésent et un fort accent cockney. Art Brut se situe dans la lignée de Pixies ou de The Fall.

Le nom du groupe fait référence à l'Art Brut, appellation utilisée par le peintre français Jean Dubuffet pour décrire l'art créé par des individus sans culture artistique. Le 20 avril 2009, Art Brut sera de retour avec un troisième opus intitulé Art Brut Vs. Satan. Deux ans après It's a Bit Complicated, les Londoniens ne reviennent pas tous seuls puisqu'ils ont enrôlé Frank Black, alias Black Francis (Pixies), comme producteur.

(http://www.myspace.com/artbrut)
(http://www.artbrut.org.uk/)
(http://www.facebook.com/pages/Art-Brut/186965198000868)

* Bang Bang Rock & Roll (2005)
   * It's A Bit Complicated (2007)




Eddie Argos (lead vocals)
Ian Catskilkin (lead guitar)
Freddy Feedback (bass guitar)
Jasper "Jeff" Future (guitar, backing vocals)
Mikey Breyer (drums)

La Setlist du Concert
ART BRUT



Pump Up The Volume (It's a Bit Complicated - 2007)
Bad Weekend (Bang Bang Rock & Roll - 2005)
Bang Bang Rock And Roll (Bang Bang Rock & Roll - 2005)
Modern Art (Bang Bang Rock & Roll - 2005)
St. Pauli (It's a Bit Complicated - 2007)
Rusted Gun Of Milan (Bang Bang Rock & Roll - 2005)
Late Sunday Evening (It's a Bit Complicated - 2007)
18000 Lira (Bang Bang Rock & Roll - 2005)
I Will Survive (It's a Bit Complicated - 2007)
Moving To LA (Bang Bang Rock & Roll - 2005)
Jealous Guy (J. Lennon Cover)
My Little Brother (Bang Bang Rock & Roll - 2005)
Post Shooting Out (It's a Bit Complicated - 2007)
Emily Kane (Bang Bang Rock & Roll - 2005)
Nag Nag Nag Nag (It's a Bit Complicated - 2007)

Encore

Direct Hit (It's a Bit Complicated - 2007)
Good Weekend (Bang Bang Rock & Roll - 2005)



La durée du concert : 1h20


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